Mercredi 8 juin 2011 3 08 /06 /Juin /2011 11:15

 

En direct de La Havane
4 juin 2011

 

LaHavanne2

 

 

Rapport n°32 : La Havane over the Rainbow

 

 

Mardi 31 mai : salle Pierre Dux

 

 

Pour débuter cette nouvelle semaine, Muriel souhaite entendre toute la partie Lucrèce dans sa continuité. Mais il faut pour ça que tous les Havaniens soient réunis.

En attendant les retardataires, on assiste à une représentation de l'Instable avec Ksénia en perruque blonde, Lionel dans le rôle d'un aspirant comédien, et Farida dans celui d'un metteur en scène aux indications aussi variées que sadiques. La scène jouée une première fois jusqu'au bout, Muriel demande : c'est quoi l'enjeu ?

La relation entre Farida et Lionel est très floue, le jeu n'est pas assez poussé. En effet Lionel, dans son rôle de comédien casté, doit être prêt à tout faire à fond pour réussir l'audition et s'attirer les faveurs du metteur en scène. De son côté Farida doit s'amuser des efforts de Lionel. Ksénia enfin, dans le rôle de la partenaire potiche, doit se montrer digne, froide, rêveuse, inaccessible, et recoiffer nonchalamment ses mèches blondes à la moindre occasion.

On décide de pousser les choses, de les exagérer. Ainsi l'indication « Intéressé » donnée par Farida doit être interprétée au sens « lourdingue » par Lionel auquel il est demandé de réagir au quart de tour, quitte à réinventer le texte. On essaie même de le faire jouer à force d'onomatopées.

Pour finir il s'agira pour le brave Lionel de jouer la scène sans les didascalies dites par Farida.

 

Morgane P qui, rappelons-le, ne pourra être à La Havane lors de la date butoir du 25 juin, vient présenter son interprétation du Tabouret, de Lagarce, qu'elle devra jouer avec un extrait de Lucrèce devant invité pédagogique le vendredi 10 juin.

« Comment faire un tour complet sur une chaise ? »

Dans ce monologue Morgane nous présente donc son précieux tabouret, qu'elle a acheté avec ses colocataires et compte bien conserver auprès d'elle une fois la colocation terminée. Elle relate les circonstances de l'achat de cet ustensile et les inepties de ses compagnons soutenant alors qu'une chaise est meilleure qu'un tabouret, obligeant Morgane à défendre son point de vue bec et ongles.

Si le texte est bien su et bénéficie du grain de folie de Morgane, celle-ci n'en profite pas assez et visualise parfois trop de personnages imaginaires en même temps à des endroits différents.

 

Suite à la PAUSE tous les Havaniens sont réunis, sauf Marie D qui est excusée pour des partiels de biologie. Ses textes seront lus par Julien. Muriel réclame tout le monde sur le plateau. L'idée est de ne pas s'attarder sur les mises en scène qui ont déjà pu être établies et de ne se préoccuper que de l'écoute et la parole. Ainsi, dans l'ordre donné par la conduite, les havaniens s'avancent les uns au milieu des autres quand vient leur tour et doivent réciter clairement leur texte.

Votre opportuniste agent (nom de code : Docteur Arlucky) en profitera quand même pour présenter à Muriel son costume de « prof d'université » requis pour sa première scène de Lucrèce : lunettes, jean, haut de costume gris et polo blanc à col roulé.

Pour les scènes de Lucrèce on se référera bien sûr à la traduction d'Alfred Ernout parue aux éditions Gallimard.

 

- Éloge de la Philosophie (page 61) : Liza, Tony, Morgane F, Manuel (l'autre)

- Les dieux (page 84) : Docteur Arlucky, Ksénia

- « Maman vache » (pages 72-73) : Marie C, les filles

- Crimes causés par la religion, Iphigénie (page 24) : André

- La croyance aux dieux, maux qui en résultent (pages 233 à 235) : David, Thibaut, Ksénia, les gisants (Marie C, Marie D, Roxanne, Liza, André, Thomas, Docteur Arlucky)

- Principe fondamental, rien ne naît de rien : Lucile, Farida

- Les éléments des corps peuvent exister tout en étant invisibles (page 31) : Servaas, Lionel

- Le vide (page 32) : Armeline, Roxanne

- Étudier la nature de l'âme et détruire la crainte de la mort (page 106) : Morgane F, Manuel (l'autre)

- Rapports de l'esprit et de l'âme (page 110) : Ksénia

- L'âme, le cadavre et les vers (page 131) : Marie D, Anatole, Thomas

- Des âmes immortelles ne sauraient se disputer l'entrée dans un corps mortel (page 133) : Liza

- La mort ne peut être une souffrance mais une délivrance (page 135) : Morgane P, André, Manuel (l'autre)

- « Allons, cède la place à d'autres : il le faut... » (pages 139-140) : Marie C, Roxanne, Liza, David, Docteur Arlucky

- La puberté (page 181) : Servaas

- Dangers de l'amour (page 181) : Marie C et Marie D, puis Thomas, puis Anatole, puis Lucile et Thibaut, puis Lionel et Docteur Arlucky

- L'habitude et l'amour (page 188) : Armeline

- Titres du Livre V : Servaas

- La doctrine d'Épicure (page 231) : Tony

 

Il ressortira de ce grand enchaînement que certains textes devraient déjà être sus par cœur, que plusieurs comédiens doivent parler plus fort ou plus distinctement, et surtout que l'adresse public est primordiale.

Le court passage collectif « Allons, cède la place à d'autres : il le faut... », jamais travaillé, est mis de côté par Muriel jusqu'à nouvel ordre.

Thibaut fera une proposition enjouée de scénographie se composant de deux plateaux à la fois, dont un faisant office de panthéon de dieux grecs.

La première scène Éloge de la philosophie, qui est encore une des moins abouties, est aussitôt travaillée en profondeur. Liza, Morgane F, Tony et Manuel (l'autre) sont placés au sol, assis ou allongés comme sur de l'herbe, détendus, dans une ambiance qui se veut bucolique mais qui ne manquera pas d'évoquer un aspect « Woodstock » aux yeux de certains et de faire ressembler nos protagonistes à quatre hippies.

Tony proposera une autre mise en scène, dans laquelle tout le monde serait mis à contribution pour figurer un champ de cadavres, ce qui arrachera à votre bravache agent le commentaire suivant : « C'est pas très bucolique. »

 

La séance se termine avec une scène du Cid de Corneille, répétée spécialement pour le troisième et dernier tour du concours d'entrée à la classe libre que Ksénia doit passer le lendemain. Elle y interprète Chimène, et Marie C lui donne la réplique dans le rôle d'Elvire. Il s'agit-là d'une scène imposée par La Havane à Ksénia deux semaines auparavant, en même temps qu'elle apprenait avoir réussi le deuxième tour.

Comme le passage devant jury doit s'effectuer dès le lendemain Muriel évitera de trop brusquer la scène. Le texte en alexandrins est délicat pour Ksénia, en raison de son accent russe, mais elle est dotée d'une belle voix grave, un atout dont il faut se servir.

 

 

 

Mercredi 1er juin :

 

 

Comme dit plus haut, c'est aujourd'hui que Ksénia est convoquée pour le troisième tour du concours d'entrée de la classe libre. Votre omniprésent agent sera impliqué dans les événements.

Le règlement stipule que les candidats ont à présenter deux scènes au jury : l'une imposée par La Havane, l'autre choisie librement pourvue qu'elle soit dialoguée. Les candidats d'origine étrangère, comme Ksénia, ont en plus une troisième scène à présenter dans leur langue natale.

Nous l'avons déjà vu, Ksénia s'est vu imposer une scène du Cid par La Havane, dans laquelle Marie C lui donne la réplique. Sa scène libre sera le tableau 2 de Funérailles d'Hiver, d'Anokh Levin, qu'elle a déjà maintes et maintes fois travaillé avec votre fumeux agent (cf rapports n°2 à 10 puis n°19-24-25). Sa dernière scène prévue sera un extrait des Trois Sœurs de Tchékov, où elle jouera en russe le rôle de la cadette Irina.

Ksénia, Marie et votre ponctuel agent se retrouvent donc au fief de l'avenue Jean Jaurès dès 9h30. Ils y croisent plusieurs autres havaniens réunis pour les mêmes raisons, dont l'agent Natacha S. Il s'avère que sont réunis ce matin-là tous les postulants d'origine étrangère. Tout le monde est parqué dans l'inénarrable salle n°9. Ksénia, très concentrée, est convoquée en quatrième position. Guidée par d'actuels havaniens de la classe libre, et suivie de ses deux partenaires, elle franchit un sas menant de la salle n°9 à la salle Isabelle Adjani où l'attend un jury très fourni.

Ce jury, composé de neuf bourreaux, est présidé par le sympathique François-Xavier Hoffmann (cf rapports n°10-21-24). Il comprend trois membres du personnel interne de La Havane : Jean-Pierre Garnier, Antonia Malinova et Juan Pittaluga. Mais il faut compter aussi sur la présence des cinq acteurs extérieurs que sont Julien Chavrial, Olivier Coyette, Blanche Leleu, Jérémie Lippmann et le jeune Pierre Ninney de la Comédie Française.

 

Une fois présentée, Ksénia n'a plus qu'à entrer en action, ce qu'elle fait sans attendre. Elle débute en grande forme avec Le Cid. La performance, observée de derrière le jury par votre attentif agent, surpasse de son point de vue les précédentes vues en répétitions. Vêtu de son pyjama violet, armé de son lourd chandelier, votre réactif agent rejoint Ksénia en scène pour Funérailles d'Hiver tandis que Marie se retire à son tour près du jury pour faire les bruitages de coups sur porte. Malgré un passage inattendu des bruitages de jardin à cour Ksénia ne se laisse pas démonter et joue le rôle de Shratzia avec toute la fureur qui la caractérise, arrachant des rires au jury. Enfin, rejointe à nouveau par Marie, Ksénia joue les Trois Sœurs en russe avec beaucoup d'émotion.

Pas de retours, évidemment. Ksénia et ses partenaires quittent prestement la salle Isabelle Adjani. On peut néanmoins se montrer optimistes, les scènes ayant été offertes avec talent. D'autre part on sait que François-Xavier Hoffmann connaît Ksénia et qu'il avait déjà vu et apprécié sa performance de Funérailles d'Hiver auparavant (cf rapport n°10).

Les résultats finaux du concours tomberont le lundi 6 juin. Nous saurons alors si Ksénia a pu rejoindre le corps d'élite de La Havane.

 

 

 

Jeudi 2 juin : salle Pierre Dux

 

 

Jeudi de l'ascension ou pas, les Havaniens sont tenus de travailler.

En l'absence de Muriel, et guidés par Julien, Liza, David et André passent leur Britannicus. Le texte est très bien su mais il leur faut à présent travailler à trouver des passages susceptibles d'être dits en débit accéléré et avoir davantage de rupture pour éviter une longue performance monotone.

 

Liza reste en scène et est rejointe par son partenaire Tony pour Éloge de la philosophie, d'après Lucrèce. Jusqu'à présent ce texte était partagé avec Morgane F et Manuel (l'autre) auxquels étaient attribués de courtes répliques. A partir de maintenant Liza et Tony gardent l'intégralité du texte pour eux seuls, ce qui donne plus de sens à la scène.

Julien leur fait dire la scène debout, sans mise en scène, les pousse à poser les vraies questions soulevées par Lucrèce. Un travail d'appropriation du texte est à faire.

 

Marie C tâtonne encore sur Music-hall, son texte de Lagarce la mettant en scène comme ouvreuse de théâtre, aussi souhaite-t-elle ardemment le travailler. L'entrée en scène lui semble délicate à gérer, mais il s'agit ici d'un détail à voir dans la salle Francis Huster, où aura lieu le spectacle. Malgré quelques trous, dont elle peut jouer, Marie s'est approprié le texte. Il ne lui reste plus qu'à s'amuser avec.

Ksénia embraiera derrière Marie avec Comment j'ai rencontré mon mari. Cette scène s'avérera laborieuse à travailler en raison des fous-rires qu'elle suscite chez André.

 

Après PAUSE Roxanne et Armeline, entourées d'un cheptel masculin, travailleront brièvement leur scène commune de Lucrèce : Le vide.

Morgane F ira sur le plateau incarner son personnage de la Mariée en Rade, issu de l'Instantde Jean-Marie Piemme, qu'elle devra jouer le jour J dans une vraie robe de mariage. Ivre d'alcool, elle nous parle de son cher promis, et de leur mariage gâché par la soudaine disparition du futur marié. Leur cérémonie devant avoir lieu à la suite de neuf autres, Morgane se voit obligée de chanter neuf marches nuptiales d'affilé, exercice aussi drôle à voir qu'épuisant à exécuter.

L'autre Morgane, immatriculée P, repassera le Tabouret de Lagarce, que nous avons déjà décrit plus haut. Elle aura plusieurs problèmes d'arrêts. Julien lui préconisera de réapprendre le texte avec ses virgules.

Pour finir, le concert de biscottes, craquottes et wasa est retravaillé pour la première fois depuis un long moment. Les musiciens ont pour la plupart de beaux restes. Thomas, quant à lui, s'essaie pour la première fois au rôle du chef d'orchestre en s'aidant de la partition élaborée par Julien.

 

 

 

Vendredi 3 juin : salle Pierre Dux

 

 

Cette fois-ci c'est autour de Julien d'être absent. Mais Muriel est là avec une bonne surprise : un prototype de conduite pour la partie Cabaret du spectacle. Cette conduite débutera donc suite à la scène de La doctrine d'Épicure qui conclura elle-même la partie Lucrèce.

 

- Chant Barbie Girl : tout le monde

- La Panique : Liza et Roxanne

- Le « coq en caoutchouc » : Liza et Servaas

- Suite et fin de Barbie Girl: solo de Ksénia

(mise en place du piano et du décor cabaret)

- Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale(Boris Vian) : Armeline et Docteur Arlucky

- Comment dire (Samuel Beckett) : Servaas et Anatole

- La Femme d'Affaire, partie 1 : Lucile

- Ophélie dans Hamlet-Machine: Roxanne

- La Femme d'Affaire, partie 2 : Lucile

- Un diabloguede Dubillard : Lionel et Tony

- La Boîte de Thon : Farida

- Intermède: David et Servaas

- Rythme: Docteur Arlucky en claquettes

- La Cimaise et la Fraction : Manuel (l'autre) et Armeline

- Comment j'ai rencontré mon mari : Ksénia

- « Je suis innocent ! » : Thomas

- « A quoi tu penses ? » : Farida et Anatole

- « Proches » : Marie C, Lucile, Thibaut

- Concert de Biscottes : tout le monde

- Le Chef d'Orchestre : Morgane F, Manuel (l'autre), Thomas

- La Peinture au Couteau : Thomas, André, Tony, Docteur Arlucky

- Le Silence de la Mer : Thibaut

- L'Instant(la Mariée en Rade) : Morgane F

- Les Oiseaux dans la Charmille, avec rollers : Marie D, David, Anatole, Servaas Docteur Arlucky

- Music-hall(Lagarce) : Marie C

- Tour de magie, lévitation: Servaas

- L'Instable: Farida, Ksénia, et Lionel

- Les Trois Litanies : Marie D et Thomas

- Duel de fleurets : Manuel (l'autre) et Docteur Arlucky

- Britannicus: Liza, André et David

- Krum l'Ectoplasme : Lionel, Morgane F, les garçons

- Chant Parlez-moi de moi: tout le monde

 

Bien sûr cette conduite peut encore être sujette à modifications. Le chant final, Parlez-moi de moi, est ainsi susceptible de passer à la trappe car jugé un peu mou, donc trop périlleux pour conclure le spectacle.

 

 

On apprend une très mauvaise nouvelle par l'intermédiaire d'Anatole et de son téléphone portable. Servaas se serait cassé une jambe suite à une chute en scooter et porterait un plâtre pour les trois semaines à venir. Horreur et stupéfaction dans la salle. Tout de suite on s'inquiète pour le malheureux avant de se demander comment il pourra jouer La pubertéen slip kangourou ou faire son tour de magie.

L'intéressé a prévu de nous rejoindre en cours de séance.

 

La doctrine d'Épicure, scène finale de la partie Lucrèce, fait l'objet d'une ambitieuse proposition de la part de Tony, qui a décidé d'y inclure des accords de guitare directement issus du célèbre titre Somewhere Over the Rainbow de Judy Garland, réinterprété récemment par Israel Kamakawiwo.

La proposition plaît à Muriel qui reprend cependant Tony à de nombreuses occasions sur son texte, qu'il dit trop bas et trop vite. Pour la réplique finale « Et ce qui en est aujourd'hui, ce qui en sera demain, il en fut de même autrefois. » qu'il reprend plusieurs fois en chantant, Tony veut être accompagné d'un chœur de plusieurs camarades. Se porteront volontaires Marie C, Roxanne, Lucile, Ksénia et votre enjoué agent.

 

« Tu es suédois, c'est pas possible ! » Muriel à Tony parlant trop vite

 

Arrive alors Servaas. A la stupeur générale il s'avère qu'il n'avait nulle jambe dans le plâtre et avait simplement fait une farce à Anatole. Soulagement.

 

Lucile et Thibaut présentent pour la première fois l'idée de mise en scène qu'ils ont concoctée pour leur scène en duo de la page 182, incluse dans la partie des Dangers de l'amour.

Ils s'adjoignent l'aide de Roxanne et David, qu'ils tiennent chacun au bout d'une corde rouge attachée autour du cou et entraînent ainsi sur scène comme des cobayes pour illustrer leurs propos. Le procédé est dangereux, Thibaut manquera d'étrangler involontairement David, mais l'image fonctionne. Lucile regrette profondément que ce travail, imaginé la veille, n'ait pas été plus abouti avant sa première présentation.

 

Il reste une semaine à Morgane P avant de faire son échéance personnelle, d'où la nécessité pour elle de répéter aussi souvent que possible le Tabouret de Lagarce et La mort ne peut être une souffrance mais une délivrance(page 135), de Lucrèce. C'est cette deuxième scène qui est présentement abordée.

Empêché aux répétitions par de nombreuses indisponibilités, Manuel (l'autre) y sera désormais remplacé par votre disponible agent aux côtés d'André. Morgane tue aujourd'hui ses deux partenaires en expérimentant un accessoire loufoque fournit par votre resourceful agent : un immense gourdin gonflable, qui confère à la belle un aspect de femme des cavernes et a l'avantage de ne pas blesser ses victimes (ou fort peu). A cause de son aspect extravagant cette massue sera le seul détail un peu dérangeant pour Muriel.

Avec son texte su pour seule défense, votre misérable agent se fait donc violemment mettre au tapis par Morgane et tente encore de se redresser en avertissant l'audience que, en raison de la rupture dans la chaîne de nos souvenirs, il nous importe peu de nous réincarner ou d'avoir connaissance de nos vies antérieures. Cela exprimé, il est aussitôt achevé par la cruelle Morgane d'un coup de massue bien placé.

Cette scène, qui vise à vendre la mort comme une délivrance, est sujette à peu de critiques. Il faut juste que André résiste à ses envies de rire et que votre agent, tout en portant très loin la voix, intègre la présence menaçante de Morgane et ses manœuvres lorsqu'il est à terre et encore conscient.

 

Votre affluant agent profite de la PAUSE pour s'échauffer et pouvoir passer Rythmeen chaussures de claquettes. Ce qu'il fera dès le retour de la masse dans la salle.

Muriel remarque des progrès dans l'exécution et apprécie la proposition de costume (un short de course très court et un tee-shirt de sport bleu labellisé 10km de Sélestatcouvert de sponsors, en plus des chaussures de claquettes et des chaussettes montantes). Mais elle remarque que la fin du texte, après l'imitation d'une course d'ongulés, est trop longue et mérite d'être accélérée. La partie « trip » sur la marche lente demande davantage de souplesse au niveau des bras et enfin Muriel peaufine en détail la première marche de claquettes vers l'avant-scène.

 

Anatole fait une belle proposition pour son passage dans les Dangers de l'amour, à partir du paragraphe qui lui est attribué page 182. Torse et mains couverts de traces de sang, il fait de cette scène sur la possession des amoureux un véritable rite vaudou. Il est aidé de Tony, chargé de recréer des rythmes tribales avec ses percussions, mais aussi de Lucile et Thibaut dans le rôle de deux amoureux qu'il contrôlera au moyen de poupées vaudou. Ces amoureux sont manipulés pour tomber dans les bras l'un de l'autre, essayer de s'embrasser, et se repousser mutuellement.

Le choix des interprètes ne s'est pas fait au hasard. En effet la scène du duo Lucile-Thibault répétée un peu plus tôt (voir plus haut) devra être enchaînée à celle-ci d'Anatole.

Beaucoup d'essais et de recherches sont effectués autour des tambours de Tony, dont les premiers rythmes sont jugés trop gais et évoquent le carnaval de Rio. Anatole exprime ses attentes en terme de musique tribale en faisant référence à une fameuse scène de l'adaptation cinématographique de Vingt Mille Lieues Sous Les Mers en 1954 par les studios Disney. Dans cette scène le personnage de Ned Land, joué par Kirk Douglas, tente de s'échapper du Nautilus et explore une contrée qu'il croit déserte avant d'y découvrir la présence de sauvages anthropophages et de rebrousser chemin. Ces derniers se lanceront par centaines à sa poursuite, précédés par d'inquiétant rythmes de tambour.

 

Marie C répétera une fois de plus son Music-hallde Lagarce. La plus vilaine critique dont elle écopera sera un commentaire sur la frange qui lui masque en partie les yeux.

Morgane F conclura la semaine avec l'Instantet ses neuf marches nuptiales enchaînées. C'est l'aspect et la démarche de la mariée ivre qui seront ici travaillés avec le plus de soins. On suppose qu'il sera peut-être plus aisé pour Morgane de jouer une femme bourrée en portant des chaussures à talons hauts.

 

 

Nous sommes désormais à précisément trois semaines du spectacle qui achèvera l'année en beauté.

 

20110604_89.JPG

Où qu'on soit, La Havane nous supporte et nous encourage

 

Docteur Arlucky



Par 208-derniere - Publié dans : En direct de La Havane, feuilleton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 3 juin 2011 5 03 /06 /Juin /2011 10:05

 

En direct de La Havane
30 mai 2011

 

LaHavanne1

 

 

Rapport n°31 : vous allez rencontrer un drôle et sombre Inconnu

 

 

Lundi 23 mai : salle Maxime le Forestier (avenue Jean Jaurès)

 

 

Séance spéciale ce lundi ! C'est Julien qui est aux commandes de ce cours spécialement consacré à la diction et pour lequel il a sollicité l'aide de son amie Alexandra. Celle-ci est, comme Julien, une ancienne élève de Régine et a appris au cours de sa formation des exercices de diction qui l'auraient « sauvée ».

Elle vient maintenant partager ce précieux savoir avec le peu de havaniens réunis en ce jour : Roxanne, Morgane F, Marie C, David, Servaas, et votre tournoyant agent (nom de code : Docteur Arlucky).

 

Après un échauffement physique et de nombreux tournoiements buccaux de la langue le premier exercice consistera à répéter une phrase des plus ardues, parfois trois fois de suite en une seule respiration : « Trois petites truites cuites, trois petites truites crues. » Essayez, pour voir.

Chacun se livrera avec efforts à cette tâche délicate mais le principal travail se fera individuellement sur des extraits de De La Nature de Lucrèce (traduction d'Alfred d'Ernout, est-il besoin de).

Ainsi chaque havanien vient se dresser devant l'assistance et réciter une partie de son extrait de Lucrèce. Alexandra le fait aussitôt réciter avec un stylo coincé entre les dents et en insistant sur l'audibilité. La tâche suivante, particulièrement délicate, consiste à jeter une balle invisible au loin tout en l'accompagnant du regard et en lui récitant une longue phrase de texte, c'est-à-dire de plus en plus fort et de plus en plus vite, jusqu'à ce qu'elle disparaisse au loin.

L'étape qui suit n'est pas simple pour tout le monde. Il s'agit de réciter son même extrait de Lucrèce en n'en faisant entendre que les voyelles. Attention ici à bien distinguer des sons tels que é et ai, ou ui et oui.

Pas question ensuite de ne réciter que les consonnes. Mais le texte devra quand même être dit en insistant fortement sur celles-ci. On apprend à cette occasion d'Alexandra que, si l'on bégaie facilement sous l'effet de la colère, c'est qu'on oublie l'usage des consonnes. « Les consonnes racontent quelque chose. »

Une fois toutes ces étapes franchies le texte peut être dit avec plus de force et de clarté que jamais.

 

Le faible nombre de havaniens réunis permet à chacun de passer individuellement et de travailler à fond. Ainsi passeront dans l'ordre Morgane F, Roxanne, Servaas, très « feignant des lèvres » selon Alexandra, David, qui évoquera un rappeur américain sur l'étape des consonnes et tentera un accent « bon chic bon genre », Marie C, et votre final agent avec son texte de la page 84 sur les Dieux.

 

 

 

Mardi 24 mai : salle Marcel Pagnol (rue Mathis)

 

 

Muriel commence la séance par proposer à Morgane P Le Tabouret de Lagarce, pour sa performance dans la partie Cabaret. A Tony et Lionel, qui ne peuvent plus jouer les Insatiables de Levin, elle propose Musique dans un Placard, un des fameux Diablogues de Dubillard, connu de votre inspiré agent.

 

Thibaut a envie de renoncer au Silence de la Mer, texte qui requiert de sa part un fort accent allemand qu'il peine à invoquer. Muriel essaie de le pousser, d'exposer son problème de confiance en soi, de l'amener à prendre le temps de décoller. Il devra absolument connaître son texte pour jeudi, même sans accent.

Marie C passe un texte de Lagarce, inédit à ce jour, en cherchant des idées de mise en scène. Elle y expose les stratagèmes d'une femme qui arrivait à circuler dans une salle de théâtre bondée sans le moindre problème, à marcher de façon désinvolte dans les pires situations. Muriel lui propose de camper une ouvreuse de théâtre qui, tout en comptant ses tickets, s'interrompt dans son travail pour nous parler en ayant parfois des trous dans son récit.

 

Une terrible épreuve attend votre timide agent, chaussé de ses précieuses chaussures de claquettes. Il s'agit pour lui de présenter pour la première fois la mise en scène et la chorégraphie qu'il a composées pour Rythme, texte exposant de manière claire et précise l'origine du rythme qui part des bruits rythmiques que tout homme produit, intentionnellement ou non, en marchant sur ses pieds. On y apprend qu'autrefois les hommes se basaient sur le rythme des mouvements des animaux pour les reconnaître et que les traces de ceux-ci, que l'homme apprenait à reconnaître dans le sol, constituaient sans doute une sorte de notation rythmique et la première écriture qu'on sut déchiffrer.

Au grand soulagement de votre transpirant agent, et malgré quelques fautes au premier essai la performance rencontre l'adhésion du public et de Muriel. Celle-ci demande à votre agent de camper un professeur de danse méprisant, sûr de lui, et désirant faire l'étalage de son talent. D'où de légitimes questions sur le costume : pantalon à bretelles ? Survêtement ? Muriel souhaite déjà que votre autrefois chevelu agent tente de gominer ses courts cheveux et de s'octroyer une raie de côté.

Quelques passages sont judicieusement retravaillés et modifiés, permettant à votre combatif agent de faire des pas de claquettes frénétiques dignes d'un patineur olympique pour illustrer une marche rapide, ou d'illustrer une marche lente dans un trip des plus planant.

Dire son texte au dessus du bruit de pas de claquettes n'est pas chose aisée. Du travail sera encore nécessaire pour arriver à davantage de fluidité dans les enchaînements et plus de souplesse.

Ayant omis de procéder à un échauffement en règle, votre buté agent écopera d'une crampe durable au mollet droit.

 

Le travail de Ksénia sur Comment j'ai rencontré mon mari, et plus particulièrement les passages où elle hurle au scandale contre une pièce de théâtre ne se résumant qu'à « du pipi et du caca », amèneront Muriel à faire allusion à Lars Von Trier, ce fameux cinéaste danois étant à la fois très reconnu pour son talent mais aussi connu pour les scandales qu'il provoque.

 

Frais et dispo grâce à la PAUSE, Manuel (l'autre) est en mesure de présenter la Cimaise et la Fraction entouré de ses belles partenaires Liza, Marie C, Ksénia et Armeline, parlant respectivement espagnol, anglais, russe et japonais. Plusieurs essais sont tentés pour accorder les quatre étrangères, tenter le leur attribuer des extraits d'une assez bonne longueur, les faire toutes parler en même temps sur la fin. Malgré de beaux passages une conclusion s'impose : cette scène marche peut-être mieux avec Armeline seule pour accompagner Manuel (l'autre) en japonais.

 

Roxanne déterre son monologue d'Ophélie, extrait de Hamlet-Machine, qui avait fait son succès lors de l'échéance Contrastes. A cause du souvenir collectif de l'ancienne version la nouvelle musique d'accompagnement choisie par Roxanne ne rencontre pas l'adhésion de tout le monde, malgré de beaux moments de synchro. Il faut malgré tout pour Roxanne l'expérimenter jusqu'au bout et tenter de retrouver le côté dépressif de l'origine.

 

Morgane F et Manuel (l'autre) font une proposition audacieuse pour leur partie commune dans Lucrèce : Le poète veut étudier la nature de l'âme, et détruire la crainte de la mort (page 106).

Ainsi, tout en évoquant le problème des hommes soumis aux « dieux Mânes », invitent-ils sur le plateau Armeline, David, André et Servaas, lesquels font la démonstration d'une servitude profonde en se prosternant et en lançant l'invocation « Yooo, Mânes ! ».

Manuel (l''autre) a décidé d'intégrer à cette scène le duel de fleuret avec votre intrépide agent. Non averti, celui-ci n'a pas son arme à disposition, aussi le combat s'effectuera-t-il de manière fort approximative avec des bâtons en guise d'épées.

L'insertion du duel à cet endroit n'est sans doute pas pertinente, du point de vue de Muriel. Quant au texte seul, il est opaque. On avance l'idée de représenter plusieurs facettes différentes du genre humain par des idoles. A suivre.

 

 

Mercredi 25 mai :

 

Ce jour-là, précisément un mois avant le futur spectacle, votre enjoué agent se rend au Bouffon Théâtre du 19ème arrondissement assister à une représentation de Quand Mathilde s'allonge. Cette pièce, dans laquelle joue Morgane F, est proposée par la même troupe qui joua avec succès en mars dernier All About Men dans la même salle et aborde un sujet nettement plus grave.

L'histoire, écrite d'après le scénario d'un film, raconte la rencontre de deux femmes. L'une vient d'apprendre que son mari l'a trompée. Elle engage donc une jeune prostituée, Marlène, pour séduire son mari sous le pseudonyme de Mathilde et lui rendre compte, dans le détail, de tous leurs rapports. Cette trame principale est entrecoupée de témoignages d'autres prostituées sur leurs conditions de vie.

Il s'agit-là d'un spectacle fort intéressant proposé par une compagnie à suivre. Le précédent spectacle, All About Men, était une belle réussite.

 

 

 

Jeudi 26 mai : salle Arietty

 

 

La séance commence mal, avec seulement neuf havaniens présents. Ce nombre finira peu à peu par s'étoffer, mais la meilleure scène à travailler du domaine Lucrèce est celle de la page 233 : La croyance aux dieux, maux qui en résultent, réunissant Ksénia, David, Thibaut et les gisants.

Le travail sera long et principalement axé sur les longs monologues de Ksénia, David et Thibaut. Exceptionnellement Ksénia s'avère gênée par son propre accent russe, et David a besoin de s'approprier davantage le texte. Les gisants auront quand même des directives, ne serait-ce que pour éructer leurs courtes exclamations sur le ton de l'interrogation, comme s'ils sortaient d'un cauchemar.

Muriel finira le travail sur cette scène en exhortant tout le monde à aller voir au cinéma The Tree of Life, récemment primé au festival de Cannes, ainsi que tous les autres films de Terrence Malick. Votre conformiste agent ne manquera pas de le faire.

 

Marie C ré-aborde la scène extraite de la page 73, renommée « Maman Vache » par Muriel en raison du récit déchirant qui y est fait du sacrifice d'un veau et de la détresse de sa mère. Si Marie possède parfaitement le texte, elle doit faire attention à l'aborder sans trop d'émotions pour éviter de devenir à nos yeux une militante végétalienne ou « Brigitte Bardot avec des phoques ».

Avec promptitude, et sortant du thème de Lucrèce, Roxanne et Liza aborderont aussitôt après leurs rôles d'hôtesses de l'air avec la Panique et de légers remaniements. Des réglages seront apportés à leurs postures, devant être rigoureusement identiques. Des cris d'animaux seront poussés.

 

Comme prévu mardi dernier Thibaut a ingéré le texte du Silence de la Mer, film à ne pas confondre avec le Monde du Silence, sans boire la tasse. Puisqu'il peine avec l'accent allemand, Thibaut a l'ingénieuse idée de s'armer de sa guitare et de proposer de s'en servir pour jouer Bach et Mozart, compositeurs cités dans le texte. A ce propos Muriel espère bien l'entendre jouer la Sonate au Clair de Lune.

La guitare est une bonne idée, et Thibaut se révèle être un bon musicien. L'ultime réplique « nous nous sommes fait la guerre, mais c'est la dernière. », faisant allusion aux conflits franco-allemands, est à elle-seule le sujet de beaucoup de travail et suggère un habit de soldat pour Thibaut.

 

Servaas a oublié chez lui le costume qu'il souhaitait proposer pour sa scène de la Puberté dans Lucrèce. Ce costume devait se composer d'un slip kangourou.

Les deux trublions Servaas et Anatole sont donc convoqués pour dire Comment dire, d'un certain Samuel Béquet. Muriel profite de leur arrivée sur le plateau, tandis qu'ils nous montrent leurs dos, pour nous faire part de son aversion à l'encontre des jeans taille basse. Ce mode d'habillement soulignant élégamment les courbes postérieures sera interdit pour le spectacle.

Sur Comment dire, donc, Servaas et Anatole peinent à retrouver la folie des débuts. Il leur faut construire le dialogue petit à petit, sans chercher à avoir le dernier mot.

 

« Elle est belle, ta voix. Tu sais quoi ? Eh bien, tu vas t'en servir ! » Muriel à Anatole

 

Enfin Morgane P fait une lecture du Tabouret de Lagarce. Votre étonné agent apprend à cette occasion que, en raison de partiels à Lyon, Morgane ne pourra faire partie du spectacle du 25 juin (!). Il est donc prévu qu'elle dans les deux semaines à venir une scène de Lucrèce et une autre estampillée Cabaret à un petit jury pour son évaluation de fin d'année. Ce sera donc le Tabouret et La mort ne peut être une souffrance (page 135) avec le concours d'André et Manuel (l'autre).

 

 

 

Vendredi 27 mai : salle Pierre Dux

 

 

Retour dans la familière salle Pierre Dux. Retour qui sera violemment perturbé.

On commence par travailler, inconscient de la menace à venir, l'opposition Farida-Lucile de Rien ne naît de rien (page 26). Lucile la camée, toujours aussi drôle, a besoin de manifester moins de tension physique et davantage de langueur pour manifester son état. Nul besoin pour Farida la « catho intégriste » d'exprimer par la voix la piètre opinion qu'elle a de sa voisine et de ses opinions.

Cette scène devant être enchaînée dans la conduite à une intervention de Servaas et Lionel, on décide de placer à l'avance les deux garçons en arrière pendant tout le discours de Farida et Lucile. Le moment venu, ils viennent nous parler de choses invisibles et pourtant dotées d'une grande force, tel le vent.

 

Le travail est interrompu par l'irruption d'une émissaire du secrétariat. Elle vient nous apprendre que, à la demande de Fidel (???) Florent le libérateur de La Havane, toutes les classes doivent interrompre leur travail, même les filages, pour se rendre à 13h30 dans les salles de la rue Archereau assister à une rencontre avec l'acteur Pascal Légitimus.

« C'est un dictateur. » ne pourra s'empêcher de s'exclamer Servaas à propos de Fidel. Tout le monde est autant scandalisé que lui.

 

Avant de suivre les directives de F. Florent on a encore le temps de voir Servaas en slip kangourou pour la Puberté. Tout excité, il fait une plaisante entrée précipitée mais court parfois le risque de dire son texte trop vite.

 

 

Muriel finit par emmener son troupeau aux salles de la rue Archereau où se trouve déjà une jolie foule de Havaniens. Vers 13h40 arrive enfin la vedette de cette rencontre : Pascal Légitimus, que tout le monde connaît pour l'avoir vu incarner le célèbre trio comique des Inconnus avec ses deux compères « Didier Campan et Bernard Bourdon ».

Pascal vient nous parler avant tout de son one man show, actuellement en préparation : Alone Man Show, visible au Palace à partir d'octobre 2011. Il s'agit-là de son premier spectacle seul, très personnel. Mais, au plus grand contentement de l'audience, il annonce être également en ce moment sur deux projets d'écriture avec les Inconnus : un long-métrage et un film, pour « satisfaire le peuple » sur lesquels il regarde pour l'instant les « tenant et abrutissants ».

 

« Le doute, pour moi, c'est l'essence dans la voiture. Ça me fait avancer. » Pascal Légitimus

 

Il parlera de son passé de comédien, à commencer par son enfance au cours de laquelle il a passé son temps a recréer les mimiques et les situations de son entourage mais a aussi subit le racisme. Dans sa quête pour devenir comédien il aura tenté trois fois et vainement l'entrée au Conservatoire, où il recevra quand même de marquants encouragements de la part de Jacques Ceres. Il se met alors à l'écriture d'un spectacle de café théâtre et s'efforce d'être « toujours dans l'action », de jouer en permanence. Il finira par lier connaissance avec Didier Bourdon, fraîchement sorti du Conservatoire, et Bernard Campan avec qui il formera les Inconnus, ce « triumvirat qui a bien viré », à l'âge de 24 ans. Selon lui, pour les comédiens, tout partirait d'une carence affective.

Même s'il conseille à tous les futurs acteurs de la salle de ne pas se montrer difficiles et d'accepter le plus de rôles possible, Pascal avoue avoir toujours refusé les rôles à accents vers lesquels on l'orientait spontanément à cause de sa couleur de peau. Au début de sa carrière Smaïn et lui-même étaient les seuls acteurs de couleur à percer en France.

 

« Mon but à moi, c'est qu'on ne voit pas ma couleur. » Pascal Légitimus

 

Lorsqu'on l'interroge sur les rôles dramatiques de sa carrière, en lui rappelant au passage que les gens ont l'habitude de l'attendre sur des rôles comiques, Pascal Légitimus fait remarquer que des films tels que La Grande Vadrouille et Les Trois Frères sont des drames.

Il rappelle ainsi avec pertinence que la clé d'un rôle comique est le premier degré.

 

« Tous les personnages qui sont excessivement drôles sont dans la merde. » Pascal Légitimus

 

Parler de son spectacle est l'occasion pour Pascal Légitimus de nous apprendre la différence entre le Stand-up, venu des USA, et le On Man Show : alors que le premier consiste à balancer des vannes, le second exige une profonde sincérité de la part de l'acteur. Il explique également l'avalanche de one man shows que connaît actuellement le monde du spectacle par une simple raison : c'est pas cher à produire.

Il évoque à ce propos sa collaboration passée avec Eli Semoun et Dieudonné qui, en grands admirateurs des Inconnus, le sollicitèrent pour mettre en scène leur premier spectacle. Après les avoir testés dans un café théâtre, Pascal s'occupa d'eux et prêta 10 000 francs à chacun pour leur permettre de vivre confortablement durant l'année de préparation du spectacle. Après le succès de ce dernier et le début d'une carrière prometteuse Eli finit par rendre les 10 000 francs, ce que Dieudonné ne fit jamais, jugeant qu'une telle somme n'était pas grand chose pour quelqu'un comme Pascal.

 

« c'est » Pascal Légitimus

 

A la question de savoir si la célébrité dont il jouit et la réussite de sa carrière lui semblent mérité Pascal, très humble, affirme ne pas avoir réussi par rapport à d'autres et se sentir parfaitement à sa place. Sa réussite serait plus humaine que artistique.

 

« Si le monde était parfait il n'y aurait pas d'humoristes ou de clowns. » Pascal Légitimus

 

Beaucoup de futurs comédiens, qui savent d'avance qu'ils devront surmonter des échecs, voudraient savoir comment Pascal Légitimus a fait pour surmonter les siens. La réponse est toute simple : il a reçu une très bonne éducation de ses parents, qui lui ont appris à respecter les autres et la nature. Il a donc ses bases humainement.

 

« Ton pire ennemi, c'est toi ! » Pascal Légitimus, à tout le monde

 

Notre invité ne se montrera pas avare en conseils pour les futurs comédien de La Havane. Aussi encourage-t-il tout le monde à jouer le plus possible sans rechigner et ajoute-t-il que, si être polyvalent est une excellente chose, il ne faut jamais se forcer dans un domaine, par exemple l'écriture.

Il terminera en énonçant quelques uns de ses acteurs favoris, comme Michel Simon pour la France ou Leonardo DiCaprio et Meryl Streep pour l'Amérique qui sont à ses yeux de grands bosseurs. Il fait par ailleurs remarquer que les acteurs français ne travaillent pas beaucoup mais sont quand même bons.

Il finit par quitter La Havane sous les applaudissements.

 

« Moi je ne veux pas être connu ou reconnu, je veux être apprécié. »

Pascal Légitimus, un Inconnu très apprécié

 

 

Muriel et son troupeau finissent par revenir paître dans la salle Pierre Dux aux alentours de 15h00. On a juste le temps de faire travailler à André sa scène des Crimes causés par la religion (page 24) qui le met toujours à bout de souffle. Il semble plus qu'évident qu'arriver en portant Roxanne contre son ventre bloque sa respiration, mais on ne peut décemment pas renoncer à une si belle entrée.

Lorsque, voulant aider André, Ksénia intervient en donnant une directive impérieuse Muriel essaie de la tempérer et donne ce bon conseil : pour diriger quelqu'un sur scène il vaut mieux suggérer plutôt qu'ordonner.

Et c'est là-dessus que s'achève la semaine et que chacun retourne à ses mainate et ses pénates.

 

Docteur Arlucky

 

 

« Parler est un désir. Écouter est un art. »

Goethe

 

 

affiche-mathilde.jpeg

Par 208-derniere - Publié dans : En direct de La Havane, feuilleton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 25 mai 2011 3 25 /05 /Mai /2011 11:19

 

En direct de La Havane
22 mai 2011

 

LaHavanne2

 

 

Rapport n°30 : les aventures du Capitaine Arlucky


 

Rappel des faits :

Le 16 octobre 2010 l'agent espion (nom de code : Docteur Arlucky) du conservatoire de Strasbourg est brillamment infiltré au sein d'une puissante et ténébreuse institution que nous désignerons sous le nom de code La Havane. - stop - Il y intègre le commando de deuxième année de Régine Menauge-Cendre, alors temporairement dirigé par Muriel Solvay. - stop -

Au fil des mois votre téméraire agent a maintes fois l'occasion d'affronter le danger aux côtés des autres havaniens de sa section et des épreuve telles que l'échéance Contrastes en décembre 2010 puis les échéances Parcours d'un Rôle et Scènes Libres en mars 2011. - stop - Tous sortent endurcis d'avoir ainsi frôlé le danger, parfois la mort, et sont prêts pour l'ultime mission de leur deuxième année, atteindre la cible ultime : le public. - stop -

Rien dans leur parcours infernal, pas même le paludisme et les MST, n'aurait pu les faire reculer. - stop - Mais tout récemment le Commandant Régine s'est vu contraint d'abandonner son poste et de laisser ses hommes livrés à eux-même. - stop - Heureusement des mesures drastiques sont prises la semaine dernière pour permettre au Commandant Muriel de reprendre le commandement par intérim du groupe et mener sa dangereuse mission à terme. - stop -

 

En cette trentième semaine d'infiltration nous retrouvons notre commando sous les ordres de Muriel, continuant à préparer le spectacle de fin d'année qui se composera en première partie d'une adaptation de De La Nature, poème de Lucrèce résumant la doctrine du grand Épicure, traduit par Alfred Ernout, et en deuxième partie d'une série de scènes sur le thème Cabaret. - stop -

A ce jour la couverture de votre brillant agent n'est toujours pas percée à jour.

- stop -

 

 

 

Mardi 17 mai : salle Pierre Dux

 

 

La première question du jour, qui fait débat, est : comment lier entre elles les scènes de la partie Cabaret ? Muriel et le sous-commandant Julien ont dans l'idée que chaque tableau soit joué en vue de comédiens restés sur scène comme public, recréant ainsi la même ambiance que le bal de Casimir et Caroline qui avait été mis en place pour l'échéance Contrastes.

Le débat mis de côté, c'est le chant Parlez-moi de moi qui est essayé sur le plateau dans une version nettement accélérée à la demande de Muriel.

 

Le Chef d'Orchestre est lu par ses deux interprètes, Morgane F et Manuel (l'autre), afin que ses récentes coupes soient éprouvées. Mais le texte semble encore un peu long. Morgane fait déjà savoir qu'elle tient à conserver les derniers paragraphes. L'idée est avancée d'enchaîner cette scène au numéro du concert de biscotte dont le chef d'orchestre, qui sera vraisemblablement Thomas ou Tony, pourra être pris à part par Morgane et Manuel (l'autre) pour illustrer leurs propos.

D'autres coupes sont testées par Marie D et Thomas sur leurs Trois Litanies, texte difficile pour lequel il est demandé de savoir s'exprimer comme une princesse de Disney.

 

« J'aime ton tronc ! » Marie D dans les Trois Litanies

 

Muriel annonce que le sketch d'Anokh Levin, Les Insatiable, qui devait mettre en scène Morgane F, Lionel et Tony, ne sera pas retenu car beaucoup trop théâtral par rapport aux reste du Cabaret dont il dénote nettement.

En jupe léopard, Ksénia vient pousser la chansonnette seule et dans sa langue maternelle avec un extrait du Festin pendant la Peste, d'un auteur russe.

 

Après un long suspend, et à la demande de Muriel, Marie D nous offre à réentendre sa belle voix de soprano dans le chant solo les Oiseaux dans la Charmille. Elle est encouragée à chanter sans se surveiller en permanence et à jouer de ses propres sons sans perdre le public du regard, ce qui l'amène à exécuter de beaux battements de cils. L'essentiel dans cet exercice est de raconter quelque chose et ressentir du plaisir. Toutefois, sans avoir fait d'échauffement, Marie peinera quelque peu à monter dans les aigus.

Ce chant était originellement issu de la présentation de Marie à l'échéance Scène Libres, aussi Muriel est-elle tentée d'assister à l'occasion à une présentation de cette mise en scène originelle.

 

Pour la première fois Ksénia et Lionel passent ensemble leur scène de l'Instable, dans laquelle un homme aborde une femme et s'adresse à elle de toutes les manières possibles en suivant les indications didascaliesques (en colère, amoureux, suppliant, hurlant) d'un metteur en scène avant de la tuer à coups de couteau sous celui de ses émotions.

Le rôle du metteur en scène, originellement joué par Jeanne, est ici confié à Farida. La présence de ce personnage semble indiquer que la scène devrait être jouée sous la forme d'une audition théâtrale. Mais Muriel incite à essayer de jouer la scène sans le metteur et ses indications.

Une idée audacieuse est avancée : remplacer le metteur en scène par deux consciences, une bonne et une mauvaise, venant souffler aux oreilles de Lionel pour l'inciter au bien ou au mal.

 

Munis de leurs fleurets et de leur musique, costumés tout de blanc pour l'un et tout de noir pour l'autre, Manuel (l'autre) et votre épéiste agent sont prêts à croiser le fer à nouveau pour le plus grand plaisir de Muriel qui n'avait point encore assisté à leur duel extrait de l'échéance Scènes Libres.

Le combat effectué, Muriel arrive à apporter sa petite touche personnelle en encourageant les combattants à porter des regards au public dans les moments opportuns ce qui, après essais, amène un effet supplémentaire des plus comiques. Votre indomptable agent est (virtuellement) blessé au cours de la bataille. Ce moment doit être saisi pour pousser un cri de douleur déchirant. Pour ce faire, Liza encouragera en aparté votre trouble agent à s'inspirer du célèbre cri de Wilhelm*.

 

Après PAUSE Thibaut est sollicité pour lire son extrait du film Le Silence de la Mer. L'interprétation de ce texte requiert l'emploi d'un accent allemand fort prononcé, ce qui paralyse le malheureux Thibaut. Celui-ci se reproche de ne pas savoir imiter le poindre accent et n'ose pas aller plus loin que la première phrase.

Il lui est conseillé en premier lieu d'apprendre le texte, puis de s'inspirer d'acteurs de doublage français doublant grossièrement des méchants allemands dans les films. Le film OSS 117, avec Jean Dujardin, lui est recommandé par Anatole.

 

Tous les garçons se placent en scène derrière Lionel pour crier vertement après leurs mères dans Krum l'Ectoplasme. Attention ici à ne pas crier plus fort que l'interprète principal.

Muriel découvre avec surprise et bonheur un étrange accessoire baladé par Servaas depuis longtemps et qui avait déjà rencontré l'affection de Régine en son temps. Il s'agit d'un poulet déplumé et en caoutchouc qui produit des pouêêêt déchirants lorsqu'il a été compressé et reprend sa forme initiale. Suivant les instructions de Muriel, cette faculté est judicieusement utilisée par Servaas en coulisse pour simuler les pleurs d'un bébé que Liza va s'empresser d'aller consoler. Impossible à apaiser, le « bébé » est violemment jeté sur scène où il rebondit grotesquement avant d'être rattrapé par Servaas qui vient proprement lui tordre le cou sous les rires de l'audience.

 

La scène de La Peinture au Couteau est expérimentée avec Thomas dans le rôle du Peintre, André en Quart-Vittel, votre indéfectible agent en Panama, et Lionel remplaçant temporairement Tony dans le rôle d'un Garde. Tout quatre sont alignés face public et contemplent le lointain en prêtant attention au mélancoliques plaintes du Peintre, ce qui suscite de Quart-Vittel des remarques qui se veulent drôles et qui exaspèrent Panama.

L'écoute entre acteurs s'avère primordiale dans cette mise en scène. Des regards et des concertations silencieuses entre André, Lionel et votre miroitant agent sont instaurées à des moments précis du texte.

 

Pour conclure cette journée la « marche cassée » élaborée par Julien et enseignée deux semaines auparavant est exécutée en cercle pour Muriel.

Avant de se quitter des dates de cours supplémentaires sont mises en place au samedi 11 et au mercredi 22 juin pour rattraper des cours que Muriel ne pourra assurer.

Quant à la date de spectacléchance de fin d'année, elle est enfin fixée au samedi 25 juin pour deux représentations à 15h et 20h.

 

 

 

Jeudi 19 mai : même salle

 

 

Muriel est absente en ce jour. Aucune inquiétude, c'était prévu. Heureusement Julien est là, fidèle au poste, et annonce avoir réservé des salles pour des séances supplémentaires qu'il dirigera le lundi 23 et le jeudi 26 mai.

 

Roxanne et Liza passent en premières leur scène des hôtesse de l'air de La Panique qu'elles ont ardemment révisée. Après mûre réflexion Julien estime que le début de la scène, qui voit Roxanne et Liza monter dans les gradins distribuer des friandises, devrait être coupé et l'action débuter directement aux deux hôtesses entamant leurs explications gestuelles.

 

Un piano se trouve dans la salle. Chic ! Armeline et votre insupportable agent vont pouvoir s'adonner à la musique de Boris Vian, Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale. Les spectateurs habituels de ce duo commencent à prendre l'habitude de la performance, ce qui favorise la concentration d'Armeline et de votre pouffant agent qui avaient jusqu'alors toutes les peines du monde à se retenir de suivre le public dans ses rires. Si cela leur facilite présentement la tâche, cette accoutumance des spectateurs pourrait leur jouer de vilains tours lorsqu'il s'agira d'éprouver la scène face à un nouveau public le 25 juin. D'où la nécessité de se trouver désormais une nouvelle audience pour travailler.

 

Marie C et Lucile travaillent leur « Proches » de Richter, en compagnie de Roxanne pour remplacer l'absent Thibaut. Marie et Lucile se placent en avant sur deux chaises, ce qui donne un joli côté formel à la scène, mais on ne sait pas où placer le troisième personnage, le discret DJ. Il s'avère en tout cas que Marie et Lucile ont fortement travaillé leur partition.

Servaas proposera de jouer la scène avec Lucile poursuivie au ralenti par Marie.

 

La Cimaise et la Fraction sera entendue dans toutes les langues, ou presque, grâce à l'interprète principal Manuel (l'autre) et ses partenaires : l'anglaise Marie C, l'espagnole Liza, la russe Ksénia et la japonaise Armeline. Seule manque l'italienne Morgane P.

Chacune dira, à tour de rôle et dans sa propre langue, une traduction de La Cigale et la Fourmi de La Fontaine qui sera traduite en direct par Manuel (l'autre) sous la forme de La Cimaise et la Fraction. Après avoir entendu séparément les quatre versions on essaie de les combiner en ne faisant dire à chaque étrangère que deux vers de la fable l'une après l'autre. Alors que Manuel (l'autre) doit avoir l'air de chercher ses mots pour traduire l'anglais, l'espagnol, le russe et le japonais, les filles doivent au contraire réciter leurs fables avec beaucoup d'intentions.

Pour finir on fait parler Marie, Liza, Ksénia et Armeline en même temps ce qui donne lieu à un intéressant combat des langues qui laisse pantois le pauvre Manuel (l'autre).

 

Juste avant la bénéfique PAUSE Ksénia nous conte encore Comment j'ai rencontré mon mari, avec quelques trous sans conséquences.

 

 

Retour sur Lucrèce avec Liza et un court mais divertissant chapitre de la page 133 anciennement dévolu à Jeanne : Des âmes immortelles ne sauraient se disputer l'entrée dans un corps mortel.

Il y est évoqué l'idée ridicule selon laquelle les âmes, si elles sont immortelles, surveillent les accouplements humains et les accouchement en faisant la queue ou se disputant entre elles pour être la première à se réincarner. On décide donc de représenter littéralement cette idée. Alors qu'en avant-scène Roxanne et Servaas copulent, une ligne de départ se forme derrière eux entre diverses âmes représentées par les autres havaniens. Tandis que Liza récite le chapitre, ces âmes se lancent au ralenti dans une course effrénée où tout les coups sont permis. Ainsi voit-on plusieurs âmes se pousser, se faire des croches-pattes, s'effondrer au ralenti, jusqu'à ce que Marie C soit proche de la victoire, c'est-à-dire du couple Roxanne-Servaas. Elle est au dernier moment écartée d'un lent et violent coup de poing dans la figure de la part de votre fourbe agent qui lui arrache la victoire et vient se placer, triomphant, près des deux amants qui n'ont évidemment pas conscience d'avoir été observés ni d'avoir fait l'objet d'une telle lutte.

 

Suite à une demande de Muriel, Julien fait expérimenter une version écourtée et vite expédiée du chant Barbie Girl. La mise en place s'effectue avec discipline en un temps record. Des couplets sautés et une évacuation vite dépêchée permettent à présent d'arriver plus rapidement à l'essentiel, c'est-à-dire le solo final de Ksénia.

Pour finir, Parlez-moi de moi bénéficie également d'une director's cut et s'arrête après son deuxième refrain.

 

 

 

Vendredi 20 mai : idem

 

 

Retardé par les transports en commun, votre embarrassé agent déboule en plein travail de Morgane F en solo sur Barbie Girl. Sa scène des Insatiables étant abandonnée, Régine lui propose de travailler la Mariée en Rade, dont elle pourrait même chanter certains passages.

 

Quoi faire ? Beaucoup de soldats sont portés disparus, en permission ou considérés comme déserteurs.

Servaas se propose de lire les titres extraits du Livre V de De La Nature, qu'il devra citer à la suite dans le tableau consacré à la Doctrine d'Épicure Parmi ces titres entend-on « Le monde est destiné à périr; il n'est pas d'essence divine » ou « Les dieux sont étrangers à notre monde et sa création ».

Rappelons que Servaas est d'origine hollandaise ce qui, malgré une excellente pratique de la langue de Molière, ne lui facilitera pas la tâche. Ainsi prononce-t-il, à l'amusement général, « trancision » en lieu et place de « transition » et éprouve de grandes difficultés sur le terme, de nos jours très inusité il est vrai, d' « ensemencement ».

Comme ces titres sont ceux des articles du Livre V, il est recommandé à Servaas de les déclamer sur le mode de l'annonce, de faire des promesses sur ce qui nous attend.

 

Travaillé la veille avec Julien, Proches est présenté à Muriel par Marie C et Lucile. Thibaut y est à nouveau remplacé, cette fois par Marie D. Muriel apprécie d'y voir Marie C devenir terriblement méchante et Lucile faire des mimiques désespérées pour tenter de comprendre les désirs « abstraits » de sa compère.

 

A nouveau dans Lucrèce, et également créé la veille, le chapitre Des âmes immortelles ne sauraient se disputer l'entrée dans un corps mortel est présenté à Régine. Elle découvre donc Farida et Servaas en plein accouplement devenir l'enjeu d'une course acharnée entre plusieurs âmes.

La première question qui se pose est : comment caractériser les âmes ? On propose l'idée de les coiffer d'un bonnet de bain, mais cela risquerait d'évoquer davantage un groupe de spermatozoïdes.

Votre vindicatif agent a l'insigne honneur de remporter la course des âmes, par fourberie. En affirmant sa victoire, à genoux contre le couple Farida-Servaas, il doit toutefois faire attention à ce que la satisfaction sportive qui se lit sur ses traits ne passe pas pour une jouissance orgasmique tout à fait déplacée.

 

Une PAUSE arrive, mise à profit par Tony et votre leste agent pour dénicher et rapporter le seul piano électrique de tout le bâtiment. Ce piano, les deux Maries en ont besoin pour leur chant lyrique des Dangers de l'Amour (page 181) duquel Muriel souhaite entendre des paroles plus claires et plus audibles.

Dans la foulée et toujours dans le même chapitre (mais un peu plus près de la page 182), on aborde la transition entre le chant des Maries et le texte solo de Thomas. Ayant finit de chanter, Marie et Marie s'en vont s'agripper à Thomas, lequel se débat, s'échappe et clame haut et fort qu'il vaut mieux aimer le plus possible plutôt que de se préserver bêtement pour un unique amour.

 

« Ah, Dieux ! » s'exclament à tour de rôle Liza, André et David sur leur Britannicus. Hilarité générale face à cet improbable trio au sein duquel Liza et David jouent la tragédie et leurs très courtes répliques au premier degré en étant secondé par un André très terre à terre. Sa première réplique « Quoi ? », qui ouvre la scène, est ainsi prise au sens « Hein, késkia ? » pour créer une ambiguïté.

Cependant des variations doivent être apportées pour ne pas tomber dans le piège d'une parodie facile. Il s'agit d'éviter le second degré et le ton quotidien.

Se pose aussi la question des enjeux. A première vue André et David donnent l'impression de se disputer les faveurs de Liza. C'est une piste. Muriel suggère de diviser le texte en séquences et de retrouver le « truc magique » des premières fois, perdu à force de travailler.

 

Farida présente sa scène de la Boîte de Thon en se plaçant assise entre Servaas et Anatole d'un côté, et Marie C et Roxanne de l'autre. Cette disposition n'est pas sans évoquer une thérapie de groupe ou une réunion d'émotifs anonymes, et cette image s'avère très pertinente.

En effet Farida confie à ses compagnons l'expérience terrible vécue dans un supermarché où un homme lui bloquait l'accès aux boîtes de thon. N'osant, ou ne sachant, lui demander de s'écarter, la malheureuse s'est vue plongée dans une terrible angoisse et un profond énervement. Elle a tout de même fini par rassembler tout son courage pour s'adresser à lui.

« Auriez-vous l'amabilité de bouger, espèce de trou du cul ! » Farida

 

Pour finir Julien confirme la séance extraordinaire qui sera menée lundi sous sa direction de 12h30 à 15h30 et consacrée à un cours de diction.

 

lucrece

Docteur Arlucky

 

 

* Le cri de Wilhelm est un cri humain aigu, déchirant et particulièrement reconnaissable qui fut poussé par l'acteur Sheb Wooley dans le film de 1951 Les aventures du Capitaine Wyatt. Ce son si particulier fut ensuite inséré au montage du western de 1953 The Charge at Feather River sur le personnage de Wilhelm, d'où son nom, au moment où celui-ci reçoit une flèche dans la cuisse.

Le cri de Wilhelm fut redécouvert et popularisé par le bruiteur des Star Wars Ben Burtt, qui en fit rapidement une private joke entre lui et ses collègues ingénieurs sonores, tous ayant pour objectif d'insérer cet effet sonore dans le maximum de films à des moments pertinents. On a depuis entendu le cri de Wilhelm dans de très nombreuses productions cinématographiques, et pas des moindres.

Pour vous faire une petite idée de l'ampleur de ce phénomène nous vous invitons à taper les mots « Cri de Wilhelm » ou « Wilhelm Scream » dans le moteur de recherche de youtube, « Cri Wilhelm » sur wikipedia, ou de recopier le lien suivant sur votre navigateur :

http://www.youtube.com/watch?v=0Lp0Y_IDf70

 

Par 208-derniere - Publié dans : En direct de La Havane, feuilleton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 18 mai 2011 3 18 /05 /Mai /2011 15:03

 

En direct de La Havane
14 mai 2011

 

LaHavanne1

 

 

Rapport n°29 : Muriel's Return

 

 

Mardi 10 mai : salle Pierre Dux

 

 

Attention ! Cette vingt-neuvième semaine d'infiltration débutera par une séance proprement hors du commun !

 

Quelle n'est pas la surprise pour les Havaniens, en ce mardi 10 mai, de trouver à les attendre non pas Régine, non pas Julien, mais le directeur des études de La Havane en personne : Jérôme Leguilier (cf rapport n°1) !

Ce dernier s'est invité pour annoncer une funeste nouvelle : Régine est à l'hôpital depuis la veille et ne peut assurer ses cours pendant une durée indéterminée. Jérôme assure toutefois que cette hospitalisation n'est pas liée aux problème de santé qui avaient gênés Régine en début d'année.

« Je n'ai rien à faire cet après-midi ! » Jérôme

Alléché par Lucrèce et l'évocation du spectacle en préparation que lui a fait Régine, ayant du temps devant lui, Jérôme fait l'audacieuse proposition de diriger la séance et d'être le spectateur d'une mini-présentation du travail consacré à De La Nature.

 

Grâce aux nombreuses notes de votre agent (nom de code : Docteur Arlucky), la conduite du projet, telle qu'elle a été imaginée par la regrettée Régine, est retrouvée et un pseudo-filage peut se mettre en branle.

A cause de l'absence de Tony la première partie Éloge de la Philosophie est sautée au profit de celle sur les Dieux que doit ouvrir votre agent avec son texte de la page 84 (traduction d'Alfred Ernout aux éditions Gallimard) et ses petits dessins sur un tableau de papier. Cette scène, répétée studieusement avec le concours de Ksénia, marche bien et suscite chez Jérôme, pourtant néophyte de Lucrèce, une bonne écoute du texte, ce qui est extrêmement important pour présenter une telle œuvre au public. Le sérieux mis par votre agent à faire des dessins ridicules pour illustrer ses dires amènera le remplaçant de Régine à évoquer l'importance du premier degré dans ce genre de performance humoristique. Seuls deux choses mériteraient d'être modifiées : l'écartement entre le tableau le public, qui devrait être moins grand, et les interventions vocales et divines de Ksénia qui devraient être limitées à deux fois maximum.

Toujours dans le domaine des Dieux, Marie C et son collectif féminin en hiéroglyphes embrayent dans l'obscurité leur passage des pages 72 et 73. « C'est beau. » dira le directeur des études, qui fera quand même rejouer la scène pour travailler la prise de parole des filles et guider Marie sur ses attaques et accentuations.

Roxanne dans les bras, André nous donne l'émouvant récit d'Iphigénie et des Crimes causés par la Religion (page 24). « Pas mal du tout ! Sauf ta première et ta dernière phrase. » En effet André à quelques problèmes d'attaque. Sans doute porter Roxanne le fait manquer de souffle.

Enfin, pour en finir avec les Dieux, aborde-t-on la délicate partie de la page 233 dite par David, Thibaut et Ksénia mais surtout entrecoupée du passage collectif des gisants dont votre étendu agent fait partie. La partie collective, justement, ressemble à un gag pour Jérôme, qui suggère aux gisants de prendre un peu plus appui sur leurs mains lorsqu'ils se redressent comme à la sortie d'un cauchemar. De leur côté David et Thibaut semblent beaucoup trop détendus pour deux personnes venant débattre de la croyance aux Dieux.

 

« Il faut montrer que vous êtes foutrement intelligents ! » Jérôme

 

Place à la partie des Principes Fondamentaux qu'ouvrent Lucile et Farida dans leurs rôles de la femme dévergondée et de la catholique coincée pour l'extrait Rien ne naît de rien (page 26). Cette scène n'aura pas besoin de reprise mais oppose ses interprètes au même risque que votre agent avec sa scène humoristique : la parole doit absolument être digérée, sinon le spectateur ne retient que la comédie.

Un autre principe fondamental, le Vide (voir page 32), est présenté par Armeline et Roxanne avec une belle brochette de mâles réunis comme à une élection de Mister France, ou du moins sont-ils censés en avoir l'air. De ce cheptel masculin ressortiront David et André pour illustrer un corps plein de vide et un corps plein de matière. La scène, drôle, plaît beaucoup à Jérôme.

 

« Vous pouvez tout vous permettre à partir du moment où vous êtes incollables sur le texte ! » Jérôme

 

La partie sur la Mort est sautée, faute d'interprètes, en faveur de celle sur l'Esprit le Corps et l'Âme. Une scène inédite y est présentée pour la première fois aujourd'hui par Morgane P, André et Manuel (l'autre). Dans cet extrait de la page 135 pouvant se résumer à L'âme étant mortelle la mort ne peut être une souffrance mais une délivrance, Morgane tente de démontrer la futilité de la crainte de la mort en assassinant brutalement et sauvagement ses deux partenaires au plus grand étonnement de l'audience. L'idée est excellente mais le jeu est affecté par la technique, Morgane faisant de grands efforts pour tuer André et Manuel (l'autre) à coups de bâton sans leur faire mal. Ce genre de scène est « un régal à travailler » pour Jérôme.

Transportant le corps de David, les médecins légistes que sont Marie D, Ksénia, Anatole et Thomas reviennent nous exposer leurs théories de la page 131 sur l'Âme, le Cadavre et les Vers. L'idée de la prise de parole quotidienne lancée auparavant par Julien déroute ici Jérôme qui voit pour la première fois dans ce filage les interprètes ignorer la présence des spectateurs. Il les enjoindra à se référer aux fameux frères Bogdanov, capable de s'adresser l'un à l'autre tout en fixant la caméra. Un nouvel essai est fait dans cette optique et s'avère concluant. Anatole, particulièrement, s'y donnera à fond.

 

L'Amour est le thème suivant, et c'est Servaas qui l'aborde avec le texte non encore abordé de la page 181 : la Puberté. Dans sa proposition pleine de mimiques Servaas amuse la classe, oscille entre l'enfantin et l'impudique, mais ne connaît visiblement pas assez bien le texte. Jérôme est ici étonné car il s'agit du seul texte non su qu'il voit aujourd'hui. Il ne peut qu'encourager Servaas à connaître le texte sur le bout des doigts avant de s'autoriser des gags mais lui donnera quand même une bonne idée : « Ce serait encore mieux si tu le faisais en slip. »

 

La séance touche à sa fin avant le terme du filage. Il s'agit quand même d'une grande première pour Jérôme, qui vient de passer trois heures sur un texte qu'il ne connaît pas et qui lui a donné l'eau à la bouche.

Plusieurs havaniens, dont votre très cher agent, étaient dépourvus jusqu'à présent de certains de leurs textes de la partie Cabaret, conservés par Régine. Julien se révèle être en mesure de fournir les textes en question. Votre agent reçoit ainsi le texte Rythme-Aka et la scène à quatre personnages de la Peinture au Couteau dans laquelle lui est destiné le rôle de Panama.

 

« Ça va être terrible, votre spectacle ! » Jérôme

 

 

 

Jeudi 12 mai : salle Pierre Dux

 

 

Il semble que le groupe havanien de votre agent soit désormais abonné à la salle Pierre Dux. Bref, une surprise inattendue... attend votre agent et ses acolytes havaniens en cette journée 12 mai. Cette surprise, qui entre en salle Pierre Dux à la suite de Jérôme Leguilier et de Julien, est déjà connue de nos services. Elle se nomme : Muriel Solvay (cf rapports n°1 à 10) !

Pour rappel, Muriel est cette actrice enseignante à La Havane qui avait remplacé Régine d'octobre à décembre 2010 pour permettre à sa classe de survivre à l'échéance Contrastes (cf rapports n°9 et 10). Votre agent a depuis eu l'occasion de la voir jouer aux côtés de Fabrice Luchini et Sandrine Kiberlain dans le récent film les Femmes du 6e Étage.

La présence inattendue de Muriel s'explique par la nouvelle qu'apporte Jérôme : la pauvre Régine a reçu ordre par son médecin de se soumettre à un traitement médical lourd et de s'imposer au minimum quinze jours de repos. Dans ces conditions il lui est désormais impossible de mener à terme l'ambitieux projet de mise en scène de Lucrèce qui lui tenait tant à cœur A Muriel échoue donc la lourde tâche d'achever ce projet avec l'aide précieuse de Julien et toute la confiance de Régine.

Jérôme, appâté par les extraits vus mardi et convaincu par la passion de Régine, ne peut qu'encourager la poursuite et l'achèvement de ce travail en dépit de l'absence de son instigatrice. Aussi, et comme il prévoit d'assister à la première partie du cours, souhaite-t-il que le filage de Lucrèce soit poursuivi pour permettre à Muriel de l'appréhender et commence aussitôt là où il fut laissé mardi.

 

On reprend donc le fil de Lucrèce en plein tableau sur l'Amour, et plus précisément les Dangers de l'Amour, introduits par le chant lyrique de Marie C et Marie D, accompagnées au piano par Lucile.

Plusieurs Havaniens manquent à l'appel, et plusieurs duos sur l'Amour, dont un entre Lionel et votre capricieux agent, sont donc sautés. A peine verra-t-on Anatole donner un extrait inédit mais non-travaillé de la page 182 avant d'arriver directement à L'habitude et l'amour, page 188, qui conclut cette grande partie.

C'est Armeline qui conclut l'Amour dans cette scène, qu'elle a choisi de jouer allongée sur le dos avec David affalé sur elle et mimant l'accouplement. « C'est assez clair, ça ! » commentera Jérôme.

 

Impossible de jouer Lucrèce plus loin, faute d'interprètes. Jérôme fera reprendre la scène de Roxanne et Armeline sur le Vide (voir page 32 et plus haut) pour Muriel. Mais un nouveau filage devra être fait ultérieurement à son intention. On décide donc de montrer un maximum de scènes prévues pour la partie Cabaret du spectacle. Ici pas encore de conduite, on peut donc jouer dans n'importe quel ordre.

C'est Liza et Roxanne qui ouvrent le bal en montrant pour la première fois leur interprétation de La Panique, pour laquelle elles s'affichent comme deux bienveillantes hôtesses de l'air donnant les instructions de sécurité en cas d'éventuel crash de la salle et distribuant généreusement de petites boîtes de Smarties© au public. Muriel et Jérôme les encouragent à repérer les mots-clés de leur texte et de les marquer au stabylo© pour pouvoir se souvenir de les accentuer.

 

Manuel (l'autre) s'avance pour conter la fable de la Cimaise et la Fraction, parodie de la Cigale et la Fourmi. Il est épaulé par Armeline qui cite le texte en japonais. C'est Armeline qui parle la première en japonais et est reprise régulièrement par Manuel (l'autre) en français, celui-ci donne ainsi l'impression de traduire en direct la Cimaise et la Fraction. On apprend que d'autres versions de cette mise en scène, une en anglais et l'autre en espagnole, sont gardées de côté.

 

On assistera fort rapidement à la très brève scène de Thomas clamant au ciel « Je suis innocent ! » puis Servaas et Anatole iront s'asseoir en fond de scène pour exécuter Comment dire, de Beckett, qu'ils ont bien travaillé.

 

Profitant de la disposition d'un piano sur le plateau, Armeline et votre mé(ga)lomane agent rassemblent toute leur concentration pour interpréter l'œuvre musicale de Boris Vian Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale. Et de la concentration il en faut pour se retenir de céder aux rires des spectateurs et demeurer stoïque. Dans son jeu de chanteuse lyrique Armeline doit prendre garde à ne pas virer au potache.

 

Liza, André et David se montrent poussant de nombreuses exclamations enchaînée, « Ah, Seigneur ! », « Dieux ! », « Ah, cher Narcisse ! », issues de Britannicus. Tout de suite Muriel estime que quelqu'un devrait justement introduire la scène en annonçant « Britannicus ! ». Cette fonction échoue à Ksénia.

Étrangement cette scène n'est pas sans rappeler à votre agent la Sonate et les trois Messieurs de Jean Tardieu.

 

« Le terrain de la parodie est super dangereux. » Jérôme

 

Il est temps d'avoir une PAUSE et pour Jérôme de prendre congé. Mais celui-ci avoue avoir entendu parler par Régine de la conception d'un concert de biscottes, ce qui aurait titillé sa curiosité autant que Lucrèce.

Sous la direction de Julien le concerto pour biscottes, craquottes et wasa est donc exécuté magistralement.

 

La PAUSE finie et Jérôme retiré on s'interroge sur la redistribution des textes anciennement dévolus à Jeanne et sur la future date d'échéance. Celle-ci était à l'origine prévue le 21 juin mais compromettait plusieurs havaniens, dont Julien lui-même. La date du dimanche 26 juin est évoquée.

 

On reprend la présentation de scène de Cabaret avec Falk Richter et une scène bien connue de plusieurs de nos agents alsaciens dans laquelle Marie C demande à être plus « proche » de Lucile, laquelle trouve cela « abstrait ». Anatole les accompagne en remplaçant Thibaut pour un rôle de DJ et quelques courtes répliques.

 

Pour la première fois Ksénia vient raconter Comment j'ai rencontré mon mari, tendre histoire pleine de « pipi » et de « caca ». Un départ reste à trouver.

David et Servaas présentent leur Intermède dans lequel deux hommes dissimulés derrière des journaux scrutent et commentent un inconnu, trouvant bizarre qu'il ait des cheveux longs, une jupe et des chaussures à talons. L'un d'eux prend son courage à deux mains et va contrôler l'inconnu dont il s'avère finalement que c'est une femme.

Pour exécuter cette scène Servaas et David font de votre lumineux agent leur inconnu et vont jusqu'à lui prendre ses vrais papiers d'identité. Se pose alors le problème d'avoir choisi un homme alors que l'inconnu doit être une femme. Un débat est lancé sur la question de savoir si, oui ou non, les deux personnages sont lucides quand ils concluent avoir affaire à une personne de sexe féminin.

 

Faute d'interprètes et de textes sus il ne reste pas grand chose de présentable. Les chants collectifs Barbie Girl et Parlez-moi de moi sont présentés à Muriel avec plus ou moins d'efficacité. Votre agent entend avec effroi que Parlez-moi de moi pourrait être abandonné. Affaire à suivre.

 

La première séance du retour de Muriel s'achève par quelques lectures des textes récupérés auprès de Régine par Julien et remis à leurs destinataires mardi dernier. Marie C lit l'article 4 de l'Art d'avoir toujours raison, portant sur la pente glissante où pousser ses adversaires. Manuel (l'autre) et Morgane F lisent le Chef d'Orchestre, qui aura besoin de quelques coupes. Enfin votre agent lit ses textes sur le Rythme des pieds et le Aka des Maories, morceaux qui devront être interprétés en chaussures de claquettes.

 

Un filage complet de Lucrèce est prévu le lendemain pour Muriel, aussi néophyte que l'étaient Jérôme et un grand nombre de havaniens sur l'épicurien auparavant.

 

 

 

Vendredi 13 mai : salle Pierre Dux, encore et toujours

 

Le groupe est quasi au complet. Objectif du jour : voir un maximum de scènes de Lucrèce, et ce qu'on peut dans le Cabaret.

Le filage commence fort logiquement par son début avec l'Éloge de la Philosophie, par Liza et Tony assis bucoliquement à terre avec Morgane F et Manuel (l'autre).

 

Les Dieux

En ouverture des Dieux : votre splendide agent et son tableau, scotché maladroitement cette fois-ci sur un paravent pour une plus grande proximité avec le public. La grande feuille de papier, élément central et indispensable de la scène, n'aura de cesse de vouloir s'affaisser et s'échapper de son support.

Toujours autours des Dieux suivront Marie C et son collectif féminin de la page 72 puis David, Thibaut et Ksénia avec le chœur de la page 233. André étant absent, on saute la scène consacrée à la tragédie d'Iphigénie.

 

« Pour vous amuser à dire ce texte il faut que vous en pensiez quelque chose. » Muriel

 

Les Principes Fondamentaux sont introduits par le duo Farida-Lucile avec Rien ne naît de rien, puis poursuivis par le duo Armeline-Roxanne avec le Vide. Quelques problèmes de concentration dans cette dernière scène se feront jour chez les mâles censés manifester leur contentement immobile pour avoir été sélectionnés à l'élection de Mister France. Étonnamment Thibaut bloquera sur cet exercice, éprouvant des difficultés à avoir l'air content d'être là.

 

La Mort

Un texte encore non travaillé en pages 105 et 106 est lu par Morgane F et Manuel (l'autre) avant que le retardataire André fasse son entrée. Il est aussitôt sommé de jouer sa scène des Crimes causés par les Dieux (page 24), sautée précédemment.

L'Esprit, le Corps et l'Âme

En reprenant le cours du filage on arrive à la scène l'Âme, le Corps et les Vers (page 131) présentée par Ksénia, Marie D, Thomas et Anatole. Thomas y dénote par la ceinture de son pantalon serrée, une fois n'est pas coutume, à hauteur de hanches tandis que Anatole parvient malgré lui à changer de personnage en cours de scène.

Des âmes immortelles ne sauraient se disputer l'entrée dans un corps mortel, court chapitre de la page 133, est lu par Liza à la place de Jeanne. Ce texte amusant évoque à Muriel l'Oiseau Bleu de Maeterlinck ainsi que le film de Woody Allen Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans oser le demander, dans lequel on peut voir plusieurs spermatozoïdes en grande discussion avant de partir à l'assaut d'un ovule.

La mort ne peut être une souffrance mais une délivrance. Morgane P nous démontre encore une fois la véracité de cet axiome de la page 135 en tuant sauvagement André et Manuel (l'autre).

Roxanne, Marie C, Liza, David et votre concis agent sont sollicités pour une successions de phrase individuelles extraites des pages 139 et 140. Dans cette partie inédite tout reste à trouver.

 

L'Amour

Servaas peine encore avec le texte de la Puberté (page 181). Muriel l'encourage à se pencher sur l'Éveil du Printemps, tragédie de Frank Wedekind, dont on apprend par Lionel qu'une adaptation en comédie musicale est sur les rails.

Les Maries chantantes et Thomas nous mettent en garde contre les Dangers de l'amour avant que le duo Lucile-Thibaut soit sollicité. Thibaut se montre encore une fois fort récalcitrant, ce qui permet à Muriel de le cerner et le définir comme étant un « discuteur », type de comédien ayant besoin de garanties et de sécurités pour se lancer. Elle l'exhortera à se fier entièrement à elle et à s'autoriser des erreurs.

PAUSE passée, votre reposé agent et son partenaire Lionel poursuivent les Dangers de l'amour à table avec leur fameux débat sur les mérites immérités (ou pas) des femmes. Cela plaît à Muriel qui demande à chaque comédien de se laisser davantage surprendre par les réparties de son opposant.

Cette grande partie se conclut page 188 avec Armeline allongée sous David. Se pose la question de l'adresse, car il s'agit ici de la seule scène vue par Muriel où le public n'est pas pris à parti, voir complétement ignoré.

 

La Doctrine d'Épicure, dite par Tony d'après la page 231, conclue le filage.

 

 

Lucrèce ayant été globalement vu on décide de montrer, ou lire, un maximum des scènes de la partie Cabaret que Régine ne connaît pas encore.

Le truculent « A quoi tu penses ? » de Farida et Anatole se joue en premier, suivi par un tout premier essai des Insatiables d'Anokh Levin joué par Morgane F, Tony et Lionel. On s'interroge sur les orientations sexuelles du personnages de Tony. Est-ce que, à vouloir vendre un millier de préservatifs à bas prix, celui-ci ne tenterait pas de séduire le personnage de Lionel ?

Lucile offre la Femme d'Affaire, dans laquelle elle doit acquérir la conviction d'être le centre du monde.

Les questions journalistiques de Armeline et Marie D dans le Cabaret des Hommes Perdus sont essayées et adressées à votre imperturbable agent assis en scène. Il semble évident après ce premier essai que les journalistes devraient être plus nombreux. On envisage également de ligoter à sa chaise le destinataire des questions.

Enfin Marie D et Thomas liront deux de leurs Trois Litanies, sur lesquelles Muriel demandera des coupes.

 

La séance s'achève sur l'évocation de la date du samedi 25 juin, qui sera très certainement retenue pour les représentations du projet, et par la lecture d'un touchant message de Régine adressé par le biais de Julien. Dans cette prose Régine exprime son regret de ne pouvoir mener ce projet à terme et surtout ses attachants élèves au bout de leur deuxième année. Mais elle sait que ceux-ci, grâce à Muriel et Julien, se trouvent entre de bonnes mains. Elle promet de revenir assister au triomphe.

 

« Faites un beau spectacle ! » Régine

 

lucrece.jpg

 

Docteur Arlucky

Par 208-derniere - Publié dans : En direct de La Havane, feuilleton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Lundi 9 mai 2011 1 09 /05 /Mai /2011 22:29

 

En direct de La Havane
May the Fourth be with you

 

LaHavanne2

 

 

 

Rapport n°28 : Régine is missing

 

 

Mardi 3 mai : salle Pierre Dux

 

 

Gênée par des problèmes de santé, la pauvre Régine ne peut être à La Havane en ce début de mois de mai. A Julien échoue donc la responsabilité de mener la barque.

Suite à l'ultimatum de Régine (voir rapport n°27), les Havaniens sont pour une fois venus très nombreux. Et ça tombe bien car Julien est en mesure de livrer la distribution définitive qu'il a élaborée avec Régine pour les textes de la partie cabaret du spectacle. Voici ce que votre agent (nom de code : Docteur Arlucky) en a noté* :

- L'Art d'avoir toujours raison : Marie C

- La Panique : Liza et Roxanne

- Le Chef d'Orchestre : Morgane F et Manuel (l'autre)

- Rythme – Aka : Docteur Arlucky avec ses chaussures de claquettes

- Intermède : David et Servaas

- Les Insatiables : Morgane F, Lionel, Tony

- La Femme d'Affaires : Lucile

- La Cimaise et la Fraction : Manuel (l'autre)

- Britannicus (exclamations) : Liza, André, David

- « A quoi tu penses ? » : Farida et Anatole

- Les Journalistes du Cabaret des Hommes Perdus : Armeline, Marie D, Jeanne

- « Je suis innocent ! » : Thomas

- L'Instable : Ksénia, Jeanne, Lionel

- Comment dire : Servaas et Anatole

- Les Trois Litanies : Marie D, Thomas

- Le Silence de la Mer : Thibaut

- « Proches ? Abstrait » : Lucile, Marie C, Thibaut

- La Peinture au Couteau : André, Thomas, Tony, Docteur Arlucky

- Je mourrai d'un cancer de la colonne vertébrale : Armeline, Docteur Arlucky

- Chant « Dénoncez, dénoncez... » : Maries C et D, Armeline, Tony, Docteur Arlucky

 

*[La prise de notes étant parfois difficile et maladroite, votre agent ne peut garantir l'exactitude de ces informations. Quiconque oserait en faire le reproche à Docteur Arlucky peut déjà se considérer comme un porc. Docteur Arlucky maudit ces gens et leur vomit dans la bouche.]

 

Les textes de plusieurs de ces scènes sont pour l'instant en possession de Régine seule, aussi Julien promet qu'ils seront à disposition dès jeudi et vendredi pour photocopies.

Régine voulait des propositions concrètes des scènes de Lucrèce pour aujourd'hui, il y en aura mais elle ne les verra pas. Les Maries tout d'abord se jettent les premières avec leur texte chanté de la page 181 (se référer une énième fois à la traduction d'Alfred Ernout) sur Venus et les Dangers de l'Amour. Elles sont cette fois-ci équipées d'un petit synthé et d'une partition. La partition en question demande encore à être complétement déchiffrée, et Roxanne se portera volontaire pour l'exercice.

 

La partie couvrant les pages 110, 117 et 131, dite par Ksénia et enchaînée à l'intervention de Marie D, Anatole et Thomas sur le Corps et les Vers est portée sur scène. Les quatre interprètes n'ont pas eu le temps de travailler préalablement ensemble, mais ils ont des idées. Ainsi David est-il sollicité pour jouer un cadavre auquel nos quatre médecins légistes se réfèrent lorsqu'ils se penchent sur le mystère de la sortie de l'âme et de l'arrivée des vers dans un corps mort.

La proposition est intéressante, appréciée par Julien. Anatole propose même de transformer cet étude à la morgue en rite tribal, mais l'idée des médecins est retenue et répétée. Julien poussera vivement Ksénia, Marie D, Anatole et Thomas à débattre sur le ton de la plus simple conversation., à ajouter du sens à leurs répliques, mais le texte est encore trop frais dans les mémoires. Julien les encouragera à se revoir pour travailler en groupe.

 

« C'est mortifiant. » David, dans le rôle du cadavre.

 

Le grand collectif de la page 233 rassemble à nouveau un paquet de gisants. Plus que sur le paragraphe collectif, c'est sur les solos de départ de David et Thibaut puis celui de Ksénia en page 234 que se concentrent les recherches.

Rien à noter du côté des gisants, si ce n'est Roxane se cognant douloureusement la tête au mur en s'allongeant un peu trop vivement. La question de savoir si les gisants doivent être endormis ou réagir aux paroles de David, Thibaut et Ksénia est abordée.

 

Au tour de Lionel et de votre emporté agent de se mouiller ! Assis de part et d'autre d'une table, l'un et l'autre se font face dans un virulent débat sur les mérites que les hommes aveuglés par la passion attribueraient à tort à celles qu'ils aiment.

Tandis que Lionel, cynique, se charge de faire l'inventaire des défauts de la gent féminine, votre agent s'empresse de toujours le couper et le contredire en retournant ses arguments contre lui. De sorte qu'une femme décrite comme « malpropre et puante » par l'un devient une « beauté négligée » aux yeux de l'autre.

La proposition est jugée bonne, et la découpe et le partage du texte sont appréciés. Le début est légèrement clarifié. Seul problème : cette scène, située page 184, fait suite aux extraits précédemment abordés par les Maries et Thomas sur les Dangers de l'Amour (voir plus haut et rapport n°27) et sera donc jouée dans la foulée. Pas possible, donc, que Lionel et votre agent prennent le temps de se poser à une table.

 

Survient une PAUSE que plusieurs mettront à profit pour aller photocopier des textes confiés par Julien suite à la distribution. Votre préventif agent en profite, lui, pour prendre des renseignements auprès de Julien sur la scène du Rythme-Aka qui vient de lui être attribuée. Apparemment ce numéro ne se limiterait pas à un simple Aka collectif mais comprendrait en outre un texte, actuellement en possession de Régine, que votre agent aurait à charge d'exécuter en s'accompagnant lui-même aux claquettes.

 

Dix-huit havaniens sont présents sur vingt-et-un, neuf femmes et neuf hommes. Une configuration idéale pour répéter le collectif Parlez-moi de moi. Avec la meilleure volonté du monde Julien essaiera de décomposer la marche des deux groupes pour la faire coller au rythme de la musique et rendre la chorégraphie plus simple, mais il se heurtera à un très fort manque de concentration de la part d'havaniens fort dissipés, sans doute ceux-ci se croyant libérés de l'autorité de Régine en son absence. La configuration étroite de la salle Pierre Dux n'arrangera rien à l'affaire.

Le chant Barbie Girl sera travaillé avec un peu plus de succès. Seul le rire facile et contagieux d'André mettra brièvement à mal la concentration de Ksénia.

Pour finir Julien apportera une nouveauté en enseignant aux havaniens une marche collective et musicale.

 

La séance achevée, certains havaniens partent de nouveau en quête d'une photocopieuse viable tandis que Julien réunit autour de lui Marie D, Marie C, Armeline et votre agent, quatre des cinq futurs interprètes avec l'absent Tony du chant « Dénoncez, dénoncez votre plus proche voisin, ne soyez pas timides ! ». Apparemment Julien aurait envoyé quelques jours auparavant un échantillon de la chanson à chacun. Votre agent se trouve seul à n'avoir eu vent de cet envoi et confie donc sa clé USB Mickey Mouse© à Julien pour y recevoir ladite chanson dans les prochains jours. Armeline, quant à elle, négocie l'apport futur de sa guitare électrique au groupe.

 

 

 

Jeudi 5 mai : salle inconnue

 

 

En ce jeudi 5 mai votre accaparé agent se trouve en Alsace, du côté de Zimmerbach, pour le tournage nocturne de La Mort du Ficus, court-métrage de Cédric Malzieu. Il n'assiste donc pas à la séance havanienne. C'est Liza qui, à son insu et grâce à un échange de mails, vous fournira aujourd'hui un compte-rendu détaillé :

 

Alors pour le cours d'aujourd'hui :
Régine n'est toujours pas revenue. Et si demain elle ne revient toujours pas, Julien passera chez elle avant le cours pour récupérer les textes qu'il doit distribuer à certaines personnes.

Seuls toi et Jeanne manquaient à l'appel aujourd'hui.
D'ailleurs personne n'a de nouvelles de Jeanne, elle ne répond à aucun appel/sms.... C'est plutôt inquiétant et j'ai cru entendre Julien dire que si elle ne revenait pas demain ou ne donnait pas signe de vie, elle "virerait". Un peu normal en même temps :s ...


Donc ce qu'on a fait :
La "marche cassée" que Julien a commencé à nous apprendre mardi dernier. On l'a précisée et on s'est entraînés pendant un bon moment !!!
On a fait une fois "Barbie Girl".
Armeline et Roxanne ont passé leur Lucrèce ("le vide/la matière").
On a fait le concert de Biscottes un petit moment.
A la fin du cours Julien a fait le point sur où on en était par rapport à "nos Lucrèces respectifs".

Voili voilou !

 

 

 

Vendredi 6 mai : salle Pierre Dux

 

 

Obligé dès son retour d'Alsace à grimper en haut du donjon du château de Vincennes pour jouer un esclave grec dans Parrhasios, un court-métrage d'étudiants sur un peintre antique étant allé jusqu'à torturer un esclave pour retranscrire la souffrance de Prométhée sur toile, votre agent n'arrive à poser ses bagages à La Havane que vers la fin de séance, soit vers 15h30.

Il apprendra que Régine était hélas encore absente, mais que le groupe a travaillé dur sous l'impulsion de Julien et s'est surpassé dans des exercices d'improvisation. Julien remettra d'ailleurs à votre agent sa clé USB non sans y avoir glissé quelques documents secrets.

 

 

 

Samedi 7 mai : théâtre du Petit Gymnase (bd de Bonne Nouvelle)

 

Profitant de son week-end, votre libéré agent se rend aux coups de 18h00 au Théâtre du Petit Gymnase assister à la première représentation de Retour Rapide de l'Être Aimé. Il y retrouve Ksénia, Roxanne et Servaas. Tous sont réunis pour acclamer leur amie Marie C, qui tient un des deux rôles du spectacle.

Cette pièce moderne, écrite par Matthieu Noël, nous conte l'histoire de Marina Joliver et de Jean Pétulant, deux prix Nobel de philosophie et de physique réunis dans le même vaisseau spatial. Jean est amnésique et se souvient seulement qu'il trouvait Marina antipathique. Il devra pourtant se fier à elle pour découvrir petit à petit les raisons de leur présence à bord et le but de leur mission. Au fil des quatre actes s'enchaîneront donc à un rythme effréné les prises de bec entre les deux antagonistes, les découvertes de Jean, les répliques acerbes de Marina, les révélations inattendues, et les Village People.

Votre agent, ainsi que Ksénia, Roxanne et Servaas, ressortent enthousiastes de la représentation au cours de laquelle la chère Marie C aura véritablement brillé dans le rôle de la pétulante Joliver. Celle-ci rendra à votre agent son volume de De La Nature oublié à La Havane quelques jours auparavant. Votre malin agent réussira à lui soutirer un autographe sur une affiche de la pièce alors que tout le monde se réunit autour d'un verre Chez Jeannette.

 

Ce superbe spectacle, Retour Rapide de l'Être Aimé, se joue encore trois fois les trois prochains samedis de mai. Il est chaudement recommandé par Docteur Arlucky à tous les alsaciens qui auraient prévu de se rendre sur Paris au courant du mois de mai. Ceux qui suivront ce judicieux conseil entendront au Petit Gymnase un très bon texte, drôle et au mystère savamment dosé, ainsi que des acteurs parfaits dans leurs rôles.

 

Docteur Arlucky

 

retour-rapide.jpg

Par 208-derniere - Publié dans : En direct de La Havane, feuilleton
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés